La saison est lancée et bien lancée : sous la chaleur étouffante du Ruhrpott, ce premier match du championnat contre Mainz n’a pas atteint des sommets, mais l’essentiel est acquis : les trois points et déjà un premier avantage sur Schalke au classement.

Lors de la sortie du calendrier de Bundesliga, la première chose que nous regardons, ce sont les dates des deux Derbys. Puis le sort qui nous est réservé lors de la première et la dernière journée, avec l’espoir de pouvoir jouer à chaque fois à domicile. Lors de la première journée, parce que nous sommes toujours très impatients de retrouver notre Westfalenstadion, la dernière parce que, s’il y a quelque chose à fêter en fin de saison, un titre, une qualification européenne, un maintien, la retraite d’un joueur emblématique, c’est toujours plus sympa de pouvoir le faire à domicile. Et nos vœux ont souvent été exaucés ces dernières saisons et ce sera à nouveau le cas lors du présent championnat.

Vorfreude

Le mot n’a pas vraiment d’équivalent français, mais le terme de Vorfreude est bien celui qui caractérisait le mieux notre état d’esprit avant notre premier match de Bundesliga. Il y avait un bel enthousiasme à l’idée de retrouver notre cher Westfalenstadion dans sa meilleure configuration, celle de Bundesliga, la compétition suprême, celle de toutes les traditions, où nous nous confrontons à nos rivaux préférés, celle qui surpasse toutes les autres, Supercup, Pokal et même Königsklasse. On s’était croisé ici ou là en amicaux, mais, dès notre arrivée dans le car de mon Fanclub pour le long trajet nocturne nous amenant vers le Ruhrpott, on sent chez tous la même joie de nous retrouver réunis autour de notre passion avec une véritable impatience de débuter cette nouvelle aventure. Les bières s’enchaînent aussi vite que les kilomètres d’autoroute et nous sombrons tour à tour dans les bras de Morphée pour quelques heures d’un sommeil réparateur. Le soleil est déjà haut dans le ciel lorsque nous arrivons à Dortmund sur le coup des 9h30 du matin. Les plus impatients se précipitent au Fanshop, les autres préfèrent une courte sieste, mais dès 12h c’est le départ pour les Biergarten.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Canicule

La canicule a envahi le Ruhrpott. Pour une fois, on regretterait presque que les bassins de la Freibad ferment les jours de matchs pour laisser place aux différents bars du Biergarten, nous aurions bien piqué une tête dans l’eau, mais il faudra se contenter de la Brinkhoff’s Nr. 1 pour nous rafraîchir, obéissant scrupuleusement au conseil de notre club favori, qui était de beaucoup boire pour éviter tout risque de déshydratation. Ce fut chose faite. Après la piscine, je sacrifie au rituel du passage vers mon autre Fanclub, allemand celui-là. Le lieu de rendez-vous a migré de vingt mètres sur notre parking VIP, mais on retrouve la même joie primesautière d’enfin débuter la saison. Néanmoins, on se méfie de ce match contre Mayence, un adversaire coriace et sans doute en avance sur nous dans sa préparation avec beaucoup moins d’internationaux rentrés tardivement de l’Euro. Surtout que ces entames de saison au Westfalenstadion ne nous ont pas toujours souri par le passé. Il y avait cette défaite contre Duisburg sur laquelle ton site préféré est récemment revenu, mais aussi ces deux revers liminaires contre Leverkusen, celui de 2010 qui n’avait pas porté à conséquence puisque nous avions été sacrés en fin de saison devant… Vizekusen précisément et celui de 2014 qui annonçait un premier tour catastrophique.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Vite fait, bien fait

Après l’ambiance un peu touristique de la Supercup, on retrouve enfin notre vrai Westfalenstadion, le stade vibre de partout en début de match, une belle ambiance. Malheureusement, celle-ci va aller decrescendo, peut-être l’effet de la chaleur et aussi d’un match pas vraiment emballant. Pourtant, nos Jungs ont réussi une superbe entame de match, rapidement le danger se porte devant le but du Karnevalsverein et Pierre-Emerick Aubameyang ouvre le score sur une remise de Schürrle. Tout roule comme dans un rêve. Roman Bürki confirme ses bonnes performances de présaison en annihilant les quelques tentatives de réaction de Mainz et, scénario connu, notre BVB se met un peu en danger tout seul en n’inscrivant pas le but du break. Ce sera vraiment un défaut à corriger pour nous éviter quelques désillusions cette saison. Finalement, il faudra attendre la 89ème pour voir ce but de la sécurité sur un penalty obtenu par Schürrle et transformé par Aubameyang, Du coup, le but de Mutu dans les arrêts de jeu ne servira qu’à nous priver d’un premier blanchissage, mais restera au stade de l’anecdote.

© Julien Mouquin / Génération WS

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L’essentiel

Bien sûr, notre démonstration a été moins éclatante qu’il y a douze mois contre Mönchengladbach. Mais il faisait vraiment chaud, certains joueurs ont même estimé que le coup d’envoi aurait dû être différé en soirée. Les impératifs de la télévision en ont décidé autrement, ce n’était peut-être pas très raisonnable pour la santé des joueurs de les laisser évoluer par une température évaluée à 45° au niveau de la pelouse, mais, si l’horaire du match avait été retardé ,c’est probablement la santé des supporters qui tiraient la bière en plein soleil dans les Biergarten qui aurait été menacée. Dans ce contexte, on prendra cette victoire comme elle vient. Nous avons forcément eu un œil plus attentif pour la performance de nos nouveaux renforts.

Les nouveaux

On a bien aimé Marc Bartra dans sa volonté de suppléer Mats Hummels en apportant le surnombre à mi-terrain et en tentant des ruptures de jeu par de longues ouvertures, il lui reste à trouver la précision et à se muscler dans les duels. Sebastian Rode s’est lui déjà imposé comme un taulier à mi-terrain ; sa présence et son impact physique apportent un meilleur équilibre au collectif par rapport à notre Doppelsechs Weigl-Gündogan de la saison passée et une sécurité supérieure pour notre défense. Si Julian veut récupérer une place de titulaire, ce sera sans doute davantage au détriment de Gonzalo Castro qu’à celui de Sebastian, alors que l’horizon du pauvre Nuri Sahin paraît bien bouché. Encore un authentique Dortmunder Jungs qui ne trouve pas grâce aux yeux de Thomas Tuchel… Le bilan d’Ousmane Dembelé est plus mitigé. Bien sûr, notre Français est spectaculaire, ses dribbles et sa vitesse ont souvent mis le feu dans la défense mayencennoise, mais au final cela ne débouche sur pas grand-chose de concret. Il faudra qu’il comprenne qu’il joue désormais dans un club de la Ruhr où le talent ne suffit pas et ne remplacera jamais l’abnégation et le sens du devoir. Quelques pertes de balle un peu nonchalantes lui ont suffi à s’attirer les murmures d’exaspération du Westfalenstadion. Tout le contraire d’André Schürrle, moins présent, moins spectaculaire, mais terriblement efficace, impliqué sur presque tous nos buts de la semaine. Avec les retours programmés de Reus et Götze, la concurrence s’annonce rude et pour l’instant notre champion du monde part avec une longueur d’avance.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Die Nummer 1 im Pott sind wir !

On a déjà entendu quelques craintes sur le retard pris sur le Bayern Munich à la différence de but ! C’est ridicule et c’est démontrer une parfaite méconnaissance des réalités de la Bundesliga. Déjà, c’est un manque de respect de penser pouvoir soigner le goal average contre un adversaire qui a fini sixième du dernier championnat, la seule équipe qui s’en est allée gagner à Munich la saison passée. Ensuite, la Bundesliga n’est pas la Liga, aucune équipe, à part le Rekordmeister, n’a sa place assurée sur le podium, nous l’avons appris à nos dépens en 2014/2015. Donc, avant de fantasmer sur un éventuel duel au sommet pour le titre, nous allons déjà commencer par tenter de distancer nos autres concurrents. Et à ce niveau-là, nous faisons déjà la bonne opération de cette première journée en prenant directement trois longueurs d’avance sur Leverkusen et Schalke, les deux clubs paraissant les plus à même de venir s’immiscer dans le duo de tête. Et comme la prochaine journée prévoit déjà un Null Vier – Bayern, nous pourrions déjà prendre un avantage substantiel sur notre rival de toujours dans le Ruhrpottmeisterschaft en cas de bon résultat à Leipzig. Malheureusement, pour cela, il faudra patienter deux semaines puisque, à peine avons-nous regoûter aux joies incomparables de la Bundesliga, que nous sommes déjà frustrés de match pendant deux semaines en raison des équipes nationales. Mais c’est reculer pour mieux sauter, car, dès la reprise, nous aurons droit à deux déplacements forcément brûlants à Leipzig et Varsovie, avant d’enchaîner trois matchs en dix jours au Westfalenstadion, Darmstadt, Freiburg et Real, entrecoupés d’un déplacement à Wolfsburg. La saison est lancée et plutôt bien lancée !

Julien Mouquin

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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