C’était peut-être la semaine la plus folle de l’Histoire du BVB avec le mercredi la victoire dans la « finalissima » de la Bundesliga contre le Bayern, la talonnade de Lewandowski, le pénalty retenu par Weidenfeller, puis le samedi la victoire dans le Derby à Gelsenkirchen avec le Siegtreffer de notre capitaine Sebastian Kehl qui nous offrait une balle de titre à domicile contre Mönchengladbach. Mais cette semaine de rêve avait débuté par un succès crucial à Wolfsburg qui nous permettait d’aborder le choc contre le Rekordmeister en leaders. Retour sur une étape clé du Meisterschale 2012.

 Le rideau de fer

Ce sont des bourrasques de neige et un vent glacial qui nous accueillent à notre arrivée à Wolfsburg. Et dire qu’on espérait aller boire l’apéro sur la plage de sable fin qui borde le stade, c’est raté. Mais, même sans halte à la plage, Wolfsburg reste un endroit unique, avec Autostadt, les immenses cheminées de l’usine Volkswagen, les deux tours remplies de voitures, la piste d’essais pour les nouveaux prototypes, les boutiques de luxe devant lesquels maillots de foot et bières ne sont pas les bienvenus… Les bières avec alcool ne sont pas non plus les bienvenues dans le bloc réservé aux supporters adverses, ce qui constitue une scandaleuse discrimination, puisque dans le reste du stade les spectateurs ont droit à des bières normales. C’est grotesque : vu que le bloc est bien trop petit pour contenir les quelques 8’000 fans jaunes et noirs qui ont fait le déplacement, il y a donc des supporters dortmundois comme nous qui prennent sagement place dans le bloc qui leur est réservé qui n’ont pas droit à la bière et d’autres qui se retrouvent potentiellement au contact des fans adverses qui y ont droit. Ainsi, dans la même buvette, tu peux te faire servir une bière avec alcool seulement si tu es du « bon » côté de la barrière. Wolfsburg n’est qu’à une dizaine de kilomètres de feu le rideau de fer, il en a gardé quelques souvenirs.

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© Julien Mouquin / Génération WS

La menace Wolfsburg

Pendant une bonne partie de la saison, le VfL Wolfsburg et son entraîneur Felix Magath ont fait n’importe quoi, avec un va et vient incessant de joueurs, un onze de base qui change chaque semaine et un recrutement irréfléchi. Mais, depuis quelques semaines, Felix Magath semble enfin avoir trouvé la bonne formule. Avant la venue du BVB, les Wölfe restaient sur quatre victoires consécutives et présentaient le troisième meilleur bilan du 2e tour derrière Dortmund et le Bayern. Du coup, le VfL s’est définitivement éloigné de la zone de relégation et peut rêver à une place en Europa League. C’était donc un déplacement périlleux, même si le Borussia n’avait pas grand-chose à redouter de l’ambiance de la Volkswagen Arena. Club artificiel monté par la seule volonté de Volkswagen, Wolfsburg n’a jamais été réputé pour la ferveur de ses fans. Dans ces conditions, il serait peut-être plus indiqué d’arrêter de faire semblant, avec un speaker qui s’égosille dans le vide et un chant du club qui claque aussi peu que l’hymne du Bade-Wurtemberg à Hoffenheim.

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Sahin enfin remplacé

Quatre jours avant le choc contre le Bayern Munich, le BVB a absolument besoin des trois points et va prendre le match à bras le corps. Kagawa aurait pu bénéficier d’un penalty pour une poussette en début de match, l’arbitre ne bronche pas, alors que Lewandowski ne cadre pas. Mais la deuxième tentative sera la bonne pour le Polonais qui ouvre le score à bout portant après une ouverture géniale de Shinji Kagawa et un centre au cordeau d’Ivan Perisic. C’est allé beaucoup trop vite pour le VfL et au passage on salue la bonne inspiration de Jürgen Klopp qui a titularisé le Croate en lieu et place de Kevin Grosskreutz. Bien que dominé, le VfL va se créer deux immenses occasions de revenir, avec un arrêt miraculeux du pied de Weidenfeller devant Mario Mandzukic, puis un tir raté de ce même Mandzukic en position idéale. Presque dans l’enchaînement, Ilkay Gündogan va lancer Kuba, le Polonais cafouille un peu mais parvient à remettre sur son jeune milieu de terrain qui arme une merveille de frappe enroulée dans le petit filet. C’est superbe et ça rappelle le but inscrit par Nuri Sahin la saison dernière à Munich contre le Bayern. Ilkay Gündogan a eu de la peine à assumer la lourde succession du néo-Madrilène en début de saison, il a même longtemps été cantonné au banc de touche mais là il semble avoir trouvé ses marques et une place de titulaire pour devenir le dépositaire du jeu dortmundois.

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Tellement fébriles

A 0-2, on pensait l’affaire entendue, surtout que l’on passe tout près du numéro trois lorsque Kuba tire sur la latte. Mais le BVB vit une situation un peu nouvelle pour lui : la saison dernière, il avait pris une telle avance au 1er tour qu’il a pu aborder les matchs décisifs du second tour avec une certaine décontraction puisqu’il avait suffisamment de marge pour se permettre quelques accrocs ici ou là. Cette saison, en revanche, l’avance est moins conséquente et le chasseur s’appelle Bayern Munich et non Bayer Leverkusen, soit un adversaire autrement plus redoutable sur une fin de saison. Il s’ensuit une certaine fébrilité et des erreurs inhabituelles. Wolfsburg va revenir dans le match sur un centre de Dejagah repris par la tête de Mario Mandzukic.

Le spectre du match contre Stuttgart plane sur la Volkswagen Arena, on tremble. Le BVB joue mal ses occasions de contre, l’arbitrage est fantaisiste, avec notamment un penalty refusé sur Lewandowski. On sent venir la mauvaise plaisanterie, avec un long dégagement porté par le vent que Weidenfeller peut dévier in extremis en corner. Le BVB va surtout frôler la catastrophe, en supériorité numérique, à six minutes du terme, lorsque Jiracek part seul au but mais Roman Weidenfeller a un réflexe salvateur. Il faudra finalement attendre la dernière minute pour voir Robert Lewandowski, en contre, inscrire le 1-3 libérateur.

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Et maintenant…

Même s’il s’est fait quelques frayeurs sur la fin, le Borussia Dortmund repart d’Autostadt avec ce qu’il était venu chercher, une victoire méritée qui permet de conserver trois points d’avance sur le Bayern Munich avant le match du siècle mercredi soir au Westfalenstadion. C’est tout un pays qui va tourner au ralenti pendant que les deux colosses du foot allemand s’expliqueront dans une ambiance qui va sans doute dépasser l’entendement. Bien sûr, pour l’ambiance, pour la fête, on rêve d’une victoire du BVB qui assurerait quasiment le huitième titre dortmundois. Mais, selon les circonstances du match, un résultat nul pourrait aussi constituer une bonne opération. En revanche, une victoire bavaroise ouvrirait une voie royale au Rekordmeister, au vu de son meilleur goal average et d’un calendrier plus favorable sur les quatre dernières journées. Inutile de préciser qu’on est déjà en train de compter les heures qui nous séparent de ce Giganten-Gipfel. Le temps d’écrire cet article, ça a déjà fait une heure de tuée, c’est toujours ça de pris.

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VfL Wolfsburg – Borussia Dortmund 1-3 (0-1).

Volkswagen Arena, 30’000 spectateurs (guichets fermés).

Arbitre : M. Dingert.

Buts : 22e Lewandowski (0-1), 49e Gündogan (0-2), 61e Mandzukic (1-2), 90e Lewandowski (1-3).

Wolfsburg: Benaglio; Träsch (80e Sio), Madlung, Lopes, Rodriguez; Dejagah, Josué (54e Jiracek), Polak, Schäfer; Helmes (46e Vieirinha), Mandzukic.

Dortmund: Weidenfeller; Piszczek, Subotic, Hummels, Schmelzer; Gündogan, Kehl; Blaszczykowski (87e Owomoyela), Kagawa (81e Leitner), Perisic (69e Grosskreutz); Lewandowski.

Cartons jaunes: 11e Subotic, 24e Madlung, 38e Dejagah, 83e Kehl.

Carton rouge: 84e Madlung (2e avertissement)

Notes : Wolfsburg sans Chris, Hitzlsperger ni Medojevic (blessés), Dortmund sans Santana, Koch (blessés) ni Götze (convalescent).

Classement (29 matchs): 1. Dortmund 66 2. Bayern 63 3. Schalke 57 4. Mönchengladbach 52 5. Stuttgart 43 6. Leverkusen 41 7. Brême 41 8. Hanovre 41 9. Wolfsburg 40 10. Hoffenheim 37 11. Mainz 33 12. Nürnberg 32 13. Freiburg 32 14. Hambourg 31 15. Augsburg 30 16. Köln 29 17. Hertha 27 18. Kaiserslautern 20

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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