C’est avec un immense plaisir que nous retrouvons le SC Freiburg au Westfalenstadion. C’est en effet contre – ou plutôt avec – les Breisgauer que nous avions célébré dans notre temple de la béatitude le Meisterschale 2012, mais aussi le Jahrhundertspiel 2009. Flash-back sur cette journée mythique du 19 décembre 2009 de tous les frissons où plus de 80’000 privilégiés courageux Borussen et Breisgauer avaient réécrit l’Histoire.

Juste une bande de jeunes

C’est l’histoire d’une bande de jeunes qui boit des bières dans un bar, le genre de truc que l’on  a tous fait des milliers de fois dans notre vie (ou alors ton existence doit être un peu triste). Sauf que cette bande de jeunes là va donner naissance à ce qui deviendra un siècle plus tard le club de football le plus populaire de la planète. On était le 19 décembre 1909, dans une brasserie, le Kneippe Zum Wildschütz, de la Borsigplatz, une modeste place des quartiers nord de la ville de Dortmund. Faute d’inspiration pour baptiser le club en création, il a été décidé de lui donner le nom de la bière qui se trouvait sur les tables, la Borussia (Prusse en latin). Une légende était née, celle du Borussia Dortmund, ou, plus familièrement, BVB (Ballspielverein Borussia ou Borussia vom Borsigplatz).

Cent ans d’une histoire tourmentée, faite de succès, mais aussi de désillusions qui ont nourri une ferveur jamais démentie, plus tard, la bande de jeunes des débuts était devenue, selon l’un des slogans du Centenaire, « juste une bande de jeunes, jusqu’à ce qu’ils n’entrent dans l’histoire comme pères fondateurs » et la Borsigplatz « juste une place, jusqu’à ce que les meilleurs fans du monde n’en fassent un lieu de culte. »

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© Julien Mouquin / Génération WS

Bière ou granita ?

Les hasards du calendrier ont fait que, cent ans jour pour jour après sa fondation, le Borussia Dortmund avait droit à un match de Bundesliga à domicile. C’était l’occasion de clore en beauté cette année du centenaire par une pleine journée de festivités, du culte du matin à la Party de la soirée. Mais le point d’orgue, c’était bien sûr le match du samedi après-midi contre le SC Freiburg. La vague de froid qui s’est abattue sur le Ruhrpott (-16° !!!) va encore ajouter au caractère mythique de cette journée : si l’on voulait éviter de se retrouver avec une granita dans les mains, il fallait boire très rapidement sa bière (note, cela n’a finalement pas beaucoup changé des habitudes). Un de nos bars favoris se trouve même dans l’impossibilité de servir de la bière, celle-ci ayant gelé dans les fûts ! Mais il en fallait beaucoup plus pour refroidir l’ardeur du peuple jaune et noir. Pour ce match historique, on avait bien sûr sonné le rappel des anciennes gloires du club, mais, outre l’inamovible speaker Nobby « juste un attaquant jusqu’à ce que les meilleurs fans du monde n’en fassent un héros » Dickel, seuls deux d’entre eux auront les honneurs du micro avant le coup d’envoi, Ottmar « juste un prof de math jusqu’à ce qu’il n’écrive l’histoire avec les meilleurs fans du monde » Hitzfeld et Stéphane Chapuisat, qui n’a pas eu droit au billet à son effigie, mais a été follement acclamé.

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© Julien Mouquin / Génération WS

Barrios, qui d’autre ?

Le match débute par un somptueux Choreo, présenté, évidemment, comme le plus grand tifo du monde. Après une telle mise en scène, il fallait encore que l’équipe du BVB parvienne à éviter la peau de banane Freiburg, un adversaire modeste, mais réputé difficile à manier et plutôt à l’aise à l’extérieur. Pour s’éviter toute frayeur inutile, il valait mieux marquer rapidement. Ce qui n’a pas trop tardé, malgré deux premières occasions manquées par Grosskreutz et Owomoyela. Logiquement, le but est tombé à la 19ème, pour ce 19 décembre historique : j’avais un peu critiqué la qualité de centre de Marcel Schmelzer après le Revierderby contre Schalke, mais là le champion d’Europe M-21 dépose la balle du 1-0 sur la tête de Lucas Barrios, qui n’a pas l’habitude de rater ce genre d’occasions. Signant ainsi son neuvième but en 10 matchs : je prends le pari, l’Argentin finira meilleur buteur de cette Bundesliga 2009-2010 (pari perdu).

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Danke Freiburg !

Avec cette ouverture du score, l’essentiel était acquis et, vu le contexte et les conditions de jeu, on n’en demandait pas plus. Le BVB a donc, malgré quelques sueurs froides (c’est le cas de le dire) en fin de match, tranquillement géré son avantage face à des Breisgauer qui n’ont pas démontré beaucoup de velléités de venir gâcher la fête jaune et noire, comme s’ils étaient venus davantage pour profiter des réjouissances et de l’ambiance que pour grappiller des points. A cet niveau-là, ils ont été servis, car le spectacle est surtout venu des tribunes, avec des chants ininterrompus et un public debout toute la deuxième mi-temps. Pour être franc, aussi un peu parce qu’il fallait bien se réchauffer, mais les frissons n’étaient pas dus qu’au froid.

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La meilleure équipe d’Allemagne

Accessoirement, les statistiques ne plaidaient guère en faveur d’une égalisation fribourgeoise : Dortmund n’a jamais perdu un match avec la charnière centrale Subotic – Hummels et n’a plus encaissé de but à domicile depuis le Revierderby fin septembre, soit 510 minutes d’invincibilité au Westfalenstadion, un record dans l’histoire du club (qui plus est avec l’inénarrable Weidenfeller dans les buts). Après la 7ème journée et la défaite contre Schalke, le BVB pointait au 15ème rang, avec 11 longueurs de retard sur la tête du classement et une seule d’avance sur la relégation, faisant planer le spectre d’un centenaire qui tourne au cauchemar du côté du Westfalenstadion. Depuis lors, le BVB n’a plus perdu en championnat et s’est montré la meilleure équipe de Bundesliga sur les 10 dernières rondes du premier tour, terminant dans le quintette de tête à Noël pour la première fois depuis 2003, avec cinq unités de retard sur le leader Leverkusen.

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Cent ans d’amour authentique

Après avoir flirté avec la disparition pure et simple il y a quelques saisons, le Borussia Dortmund paraît donc reparti pour cent nouvelles années de légende, dont la première page s’est écrite en ce samedi après-midi glacial : après les feux d’artifice d’usage http://www.schwatzgelb.de/index.php?id=5528 et une demi-heure après le coup de sifflet final, il y avait encore 80’000 fans qui chantaient dans un Westfalenstadion transi par le froid et l’émotion. Démontrant que la devise du centenaire « Danke für 100 Jahre echte Liebe – Merci pour 100 ans d’amour authentique » était davantage qu’un simple slogan publicitaire, mais bien l’expression d’une ferveur à nulle autre pareille.

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Borussia Dortmund – SC Freiburg 1-0 (1-0).

Signal Iduna Park, 80’100 spectateurs.

Arbitre : M. Sippel.

But : 19e Barrios (1-0).

Dortmund : Weidenfeller ; Owomoyela (74e Dede), Subotic, Hummels, Schmelzer ; Bender, Sahin ; Blaszczykowski (78e Valdez), Zidan (90e Santana), Grosskreutz ; Barrios.

Freiburg : Pouplin ; Du-Ri Cha, Butscher, Bastians, Mendy ; Abdessadki, Caligiuri, Banovic (67e Flum), Makiadi (84e Bechmann) ; Reisinger, Idrissou (74e Jäger).

Carton jaune : 40e Banovic.

Notes : Dortmund sans Kehl, Tinga, Feulner, Hajnal, Le Tallec, Rangelov ni Öztekin (tous blessés), Freiburg sans Krmas, Barth, Salz ni Toprak (blessés).

Classement (17 matchs): 1. Leverkusen 35 2. Schalke 34 3. Bayern 33 4. Hambourg 31 5. BVB 30 6. Werder 28 7. Hoffenheim 25 8. Wolfsburg 24 9. Mainz 24 10. Francfort 24 11. Mönchengladbach 21 12. Köln 18 13. Freiburg 18 14. Hanovre 17 15. Stuttgart 16 16. Bochum 16, 17. Nürnberg 12 18. Hertha 6

Julien Mouquin

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Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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