L’ancien club de Jürgen Klopp et Thomas Tuchel est la preuve vivante qu’il n’y a pas besoin d’un mécène richissime pour s’implanter en Bundesliga et même aller taquiner les places européennes. Toutefois, le Karnevalsverein va désormais devoir compter sans celui qui est à la base de cette gestion modèle, le directeur sportif Christian Heidel.


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Le club (Ewige Tabelle : 25)

Le débat sur le maintien ou non de la clause 50+1 (qui interdit à un investisseur d’être majoritaire dans un club) est récurrent en Allemagne. Ceux qui souhaitent son abolition estiment qu’il s’agit d’une règle visant à protéger les clubs établis et à empêcher l’émergence de nouvelles forces. L’argument est fallacieux et Mainz en est le meilleur exemple. Longtemps, le Karnevalsverein a navigué entre quatrième et deuxième division. Avant de rejoindre la Bundesliga en 2004, qu’il n’a quitté depuis que deux saisons entre 2007 et 2009. Mainz s’est même permis trois aventures européennes en 2005, 2011 et cette année. Et personne n’a oublié que, lors de notre Meistersaison 2010-2011, avant le duel avec Leverkusen, il avait d’abord fallu doubler le Mayence de Thomas Tuchel qui avait commencé la saison par sept victoires ! Ces résultats magnifiques ne sont pas le fait d’investissements importants, mais du travail intelligent d’un manager hyper compétent, Christian Heidel, d’un recrutement modèle, d’un secteur de formation performant et d’entraîneurs inconnus, mais prometteurs comme Klopp ou Tuchel. Mainz s’est désormais établi en Buli avec un nouveau stade magnifique, des finances saines et une direction sportive claire.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Perspectives

Le séisme de l’été à Mayence, c’est bien sûr le départ de l’homme par qui le succès est arrivé, Christian Heidel, l’ancien compère de Klopp et Tuchel, parti à… Schalke 04. C’est un choc qu’il s’agira de digérer même si son successeur, Rouven Schröder, semble vouloir continuer dans la même direction. Comme chaque été, le FSV a perdu un élément clé, le très prometteur gardien Karius, et ses deux guerriers du milieu de terrain Baumgartlinger et Soto. Au rayon des arrivées, un gardien danois, Lössl, et trois internationaux juniors français Gbamin, espagnol Rodriguez et allemand Holtmann. Mais surtout, Mainz semble parti pour garder son joyau Yunus Malli, pourtant très convoité. Il sera cependant difficile de faire aussi bien que la cinquième place de la saison écoulée, surtout en jouant les poules de l’Europa League avec un effectif restreint, mais le Karnevalsverein devrait pouvoir se maintenir dans la première moitié du classement. Surtout que certains joueurs comme le Français Bussmann, le Suisse Frei (Fabian, pas Alex…), le Japonais Muto, le Colombien Cordoba ou l’Argentin de Blasis paraissent en mesure d’élever leur niveau avec un peu plus d’expérience de la Buli. Enfin, nous aurons un œil sur l’entraîneur suisse Martin Schmidt, surtout que le Valaisan a prouvé qu’il avait d’autres qualités que la plastique de son épouse. Et on connaît la propension du BVB à recruter des Suisses et des entraîneurs à Mainz…

Transferts

Départs : Moritz (Kaiserslautern), Schahin (Roda JC Kerkrade), Sereno (?), Baumgartlinger (Leverkusen), Karius (Liverpool), Soto (Once Caldas)

Arrivées : Gbamin (Lens), Lössl (Guingamp), Rodriguez (Galatasaray), Holtmann (Braunschweig)

Pronostic : 9ème

© Julien Mouquin / Génération WS

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Le stade : Opel Arena (34’034 places)

Les fans mayencennois avaient eu un pincement au cœur en quittant leur petit, mais bouillant Bruchweg. C’est d’ailleurs dans ce stade que les Bruchweg Boys de Tuchel et Schürrle avaient obtenu leur série historique de sept victoires en entame de championnat. Mais la nouvelle arène, inaugurée en 2011 et nommée Opel Arena depuis cet été, a su se faire adopter. C’est un vrai stade de football, à la taille parfaitement adaptée au club et avec un superbe et imposant kop rouge qui rappelle, en plus petit bien sûr, celui du Betzenberg du voisin et rival du Rheinland-Pfalz Kaiserslautern.

© Julien Mouquin / Génération WS

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L’ambiance

Il règne une très belle ambiance à Mayence. Non seulement, le kop est très bruyant, mais le reste du stade n’hésite pas à suivre et l’osmose est parfaite entre le public et son équipe, c’est toujours compliqué d’aller jouer là-bas, car, porté par ses fans, le FSV met toujours beaucoup d’intensité et d’engagement dans son jeu. Néanmoins, pour le BVB, l’ambiance n’est pas hostile, car, forcément, notre adoration commune pour Jürgen Klopp et, dans une moindre mesure, Thomas Tuchel (parti un peu en froid de Mayence pour avoir résilié son contrat une année avant terme pour prendre une année sabbatique), ainsi que l’amitié entre les managers Heidel et Watzke, ont tissé des liens. Avant chaque duel, à Mainz comme à Dortmund, le You’ll never walk alone est repris en cœur et à l’unisson par les fans des deux camps, toujours un grand moment. Et l’émouvante mi-temps de silence, respectée par tous les supporters du BVB comme du FSV après le décès de deux fans au Westfalenstadion ce printemps, n’a fait que renforcer cet immense respect mutuel.

© Julien Mouquin / Génération WS

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Biergarten

L’Opel Arena est située dans une sorte de no man’s land, mais il y a un bar et plusieurs tonnelles devant l’entrée principale du stade, permettant aux fans des deux camps de partager leur passion en toute convivialité. Et comme la Feuerwurst de Mainz est, de mon point de vue, la meilleure saucisse des stades de Bundesliga, cela est devenu avec les années l’un des déplacements les plus attendus de la saison.

Julien Mouquin

À propos de l'auteur

Julien Mouquin

Un jour, je suis passé devant le Westfalenstadion, j'ai vu de la lumière et j'y suis entré. Depuis, je n'en suis jamais vraiment sorti.

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