Après la défaite de notre Borussia, il est temps pour moi de quitter Dortmund pour me diriger vers la deuxième étape de mon week-end : Köln. Ce qui m’emmène ici, c’est par pure et simple passion de la Bundesliga, mais également car le 1. FC Köln et le Borussia Dortmund sont deux clubs qui se respectent. Sans ne s’être jamais vraiment haïs, les ultras des deux équipes ont tissé des liens. De plus, eux aussi détestent Schalke 03+1 et le « Falsche Borussia » celui de Mönchengladbach ! Ça aide pour bien s’entendre… Il existe même une écharpe ornée des 4 couleurs : rouge/blanc & jaune/noir. A mon grand regret, je n’ai pu ramener ce trésor, introuvable le jour de match.

Let it snow…

Après avoir quitté Dortmund, je prends mon train direction Köln, tout se passe bien jusqu’à l’arrivée sur place. Début d’une tempête de neige, très rapidement le sol devient tout blanc ! J’y retrouve là-bas un français installé temporairement aux abords de Köln. C’était vraiment cool de pouvoir partager ce moment avec un passionné également. Aux abords de la gare centrale se trouve l’immense et magnifique Kölner Dom (Cathédrale de Cologne). En arrière-plan, la neige qui tombe abondamment. Belle carte postale. Avec ce froid de canard, un Glühwein s’impose pour se réchauffer avant de filer au stade. Mais comme la veille, je suis en train de m’inquiéter concernant la tenue du match, parce que c’est bien plus violent que la veille. Après m’être acheté une écharpe, direction le stade dans un tramway blindé de rouge et blanc. Pas de doute, le peuple colonais ne s’arrête pas d’aller au stade même s’ils sont en train de croupir au fond du classement de la Bundesliga. 3 malheureux points décrochés en 14 journées, le directeur sportif Schmadtke a démissionné, Peter Stöger a été débarqué la semaine dernière après avoir décroché un petit point de son déplacement à Herne-West. La poisse semble s’accrocher au Effzeh, aujourd’hui, c’est Freiburg qui se présente au Müngersdorfer Stadion (je hais les namings !) et les boucs aimeraient bien lancer leur saison définitivement, sinon, ça risque d’être très très très compliqué. Pour les Freiburger, c’est aussi compliqué en ce moment, 17ème et relégable devant Köln, il y aussi urgence de points, Bremen ayant gagné hier face au BVB…

Nous arrivons aux abords du stade. Il est situé en plein milieu d’un parc très vert d’habitude, mais aujourd’hui, c’est bien plusieurs centimètres de neige qui recouvrent cette pelouse, autant autour du stade… que sur la pelouse du stade ! Dans ce brouillard et cette neige qui tombe abondamment, on ne se laisse pas abattre et on garde la motivation, multiples dégustations de Kölsch (avec modération) et de Bratwurst. J’adore ce pays et cette convivialité liée au football qui nous manque trop souvent en France. Il y a plein d’enfants qui jouent dans la neige avec leurs écharpes du Effzeh, ils sont trop mignons, eux aussi ils aimeraient voir du football aujourd’hui… alors les jardiniers s’activent sur le terrain pour se débarrasser de ce manteau blanc ! Assez pessimiste, j’ose imaginer que le match va être reporté. Que nenni ! Les joueurs rentrent sur la pelouse et s’échauffent. Bon… Finalement, le coup d’envoi sera reporté deux fois d’un quart d’heure pour pouvoir libérer un maximum de neige. Place au jeu !

L’espoir revient

Tout d’abord, commençons par l’équipe locale. Terrassée par les blessures (ça n’a pas vraiment aidé le club), on dénombre pas moins de 9 absents : Bittencourt, Cordoba, Höger, Risse, Zoller, et surtout Jonas Hector, titulaire quasi indiscutable dans la Mannschaft de Jogi Löw. Ajoutez à cela la suspension d’Osako, vous retrouverez une équipe de Köln avec seulement 6 remplaçants ! Le Effzeh se présente en 4-2-3-1 avec Jojic (ex-Dortmunder) en n°10 derrière un petit français, Sehrou Guirassy (passé par l’AJ Auxerre) chargé de finir les actions. Côté Freiburg, c’est un 3-4-3 avec un Français titulaire ailier droit : Yoric Ravet (qui, accessoirement, s’est fait expulsé et a blessé Schmelzer lors du match du BVB à Freiburg). Nils Petersen en pointe, Pascal Stenzel (ex-Dortmunder aussi) milieu latéral droit… Voilà en bref les compos.

Nous faisons également la connaissance de la réelle mascotte du Effzeh, qui n’est autre qu’un bouc nommé Hennes, le 8ème du nom. Il a un petit peu froid aujourd’hui mais il s’est promené sur le bord de la pelouse. C’était bien sympa ce petit passage ! Et là, le meilleur moment pour moi, le chant de l’hymne local du Effzeh. Dès que je l’ai écouté la première fois, j’ai adoré. Je l’écoutais même dans la voiture entre deux morceaux du BVB… Alors j’ai une émotion particulière de vivre ce moment ! Ce chant est écrit dans la langue locale, le Kölsch, encore plus complexe que cette langue allemande déjà affreuse à entendre (pour certains). Mais j’en connais les paroles ! Echarpe tendue, je savoure, j’en suis même trop ému, j’aime vraiment trop ces ambiances-là ! Mer stonn zo dir, FC Kölle… (Nous te soutenons, FC Köln). C’est parti et ça démarre toujours sous une sacrée tempête de neige, j’émets quelques doutes quant à la qualité technique du match mais bon… Le Effzeh semble maîtriser cette météo, sur un beau mouvement, Lukas Klünter, habituellement latéral droit est lancé en profondeur parfaitement et conclut l’action du pied gauche, poteau rentrant, 1-0 TOR ! Le stade explose et se remet à chanter le Torhymne tout aussi génial ! Kölle Alaaf, Alaaf – Kölle Alaaf !!! Et la déferlante continue, les Kölner gagnent la plupart des duels, Guirassy se bat comme un beau diable en position d’ailier, il passe Stenzel, et Haberer se fait piéger par le crochet du français, ELFMETER ! Guirassy pose son ballon sur… L’arbitre intervient, avec la neige, on n’a pas eu le temps de tout retracer les lignes en rouge… Point de pénalty introuvable ! Le stade rigole, l’arbitre fait 11 pas de la ligne de but vers le point pour retrouver sa marque. Mythique. Guirassy pour le 2-0, contre-pied parfait ! Köln mène de 2 buts en un quart d’heure, elle est là la première victoire de la saison ? Christian Streich effectue un double changement juste après le pénalty, réorganisation tactique oblige, Freiburg prend l’eau en contre, il va vite falloir s’en remettre. Mais cela n’en prend pas le chemin puisque 10 minutes plus tard, Rausch adresse un centre tendu, le malheureux Stanko rentré en jeu il y a peu décide de tacler (pourquoi ?!) et dévie la balle dans le petit filet de Schwölow… 3-0 !!! Ah que c’est bon de vivre ça !

Catastrophe sur toute la ligne

Le Effzeh réalise la première mi-temps quasi parfaite. Quasi, puisque sur un long coup-franc de Ravet, Petersen étonnamment seul au deuxième poteau envoie une tatane sous la barre de Timo Horn, pétrifié. 3-1, Halbzeit. C’est tout de même une sacrée mi-temps à laquelle on vient d’assister. Je profite au maximum mais le retard du coup d’envoi me met dans l’embarras pour mon retour en France. Je me résous à partir avant la fin du match, chose que je déteste faire pour filer vite à la gare, prendre un train qui m’emmène à l’aéroport et rentrer sur Paris. La neige s’est arrêtée de tomber, il fait plus doux, cela semble mieux aller pour les Freiburger qui dominent la seconde mi-temps de la tête et des épaules, le Effzeh n’y arrive plus du tout. Après 25 minutes de souffrance, Haberer reprend de la tête un corner de Ravet, 3-2. J’ai un mauvais pressentiment (si vous voyez ce que je veux dire…). Je quitte le stade pour tenter de rentrer en ville. Impossible. Les métros ne partent qu’à la fin du match. C’est donc médusé que je me mets à attendre le métro… Ça va être dur de vous raconter ce qu’il s’est passé sans l’avoir vu mais les chiffres et le résumé ne mentent pas. Freiburg a frappé 19 fois contre 0 pour Köln, possession 71-29 pour les visiteurs. Le scénario cauchemar se lance et il va nous suivre jusqu’à la fin de la journée. Pénalty indiscutable à la 90ème minute, Petersen le transforme. J’entends les supporters qui sont partis aussi avant moi râler comme jamais en disant « Drei zu drei (3-3), scheiss »… Je comprends assez rapidement que Köln vient de laisser passer 2 points devant leurs yeux. 4 minutes de temps additionnel, ultime coup-franc pour Freiburg, Guirassy, main décollée du corps effleure la balle, NEEEEIN ! Noch ein Elfmeter für Freiburg… Le pénalty de la gagne… Petersen s’élance, s’arrête, Horn se jette, NON ! 3-4.

Les supporters à côté de moi sont furieux. J’aimerai pouvoir leur glisser un petit mot sympa mais je n’ose même pas. Köln reste bloqué avec 3 points au compteur. Plus que jamais dernier de la Bundesliga, j’ai mal pour eux. Ils menaient 3-0, ce n’est pas possible ! Enfin, si, Dortmund s’est bien liquéfié au Derby de la même manière que Köln… Gros problème mental dans l’effectif colonais puisque ce n’est pas la première fois qu’ils perdent à la dernière seconde cette année. Mais celle-là fait définitivement trop mal. Le comité de direction du Effzeh prendra la parole dans un communiqué publié sur la page Facebook du club. En effet, l’heure est grave pour les Geissböcke et ils expliquent, en gros, qu’ils prennent la responsabilité également de la crise qui traverse le club. Leur prochain adversaire sera le Bayern, difficile pour eux. J’espère qu’ils s’en sortiront en 2018, mais une descente du Effzeh me rendrait un petit peu triste. C’est un club attachant.

Bon, moi qui ait suivi tout ça de l’extérieur, j’arrive tout de même à rallier la gare centrale où un monde fou s’attroupe face aux panneaux d’affichage des trains. Le réseau est complètement bouleversé suite aux conditions climatiques, je cherche comment aller à Düsseldorf, finalement, mon vol est annulé. Décidément, y’a eu beaucoup beaucoup de loose ce week-end mais c’en est trop ! Par lucidité, je me rends compte qu’un Thalys va arriver et qu’il va sur Paris. Mon sauveur… Enfin, c’était sans compter sur la DB qui t’annonce voie 7 et que tu vois le train qui passe en voie 8. Pourquoi pas… Sprint final, YES ! Me voilà dans ce que j’appellerai le train de la loose. On est à peu près 30 dans la galère pour rentrer en France/Belgique, des gens ont aussi des vols annulés, d’autres ont perdu leur valise… Mais je termine mon week-end en wagon-bar. Ambiance joviale. C’est cool ! Pour conclure dans la loose du week-end, +20 minutes de retard à Bruxelles, je ne suis plus à ça près !!!

C’est mentalement épuisé que je termine le week-end dans mon canapé. Quand tu repenses à tout ce que tu as vécu, t’es content d’être rentré à la maison. C’est quand même une sacrée escapade que je vous ai proposé en résumé. Si toi aussi t’es fan de football, fan de l’Allemagne et un petit peu dingue comme moi, lance-toi dans tes aventures comme ça, tu verras c’est génial !

J’espère vous avoir tout de même donné l’envie de venir à Dortmund (même par temps de neige) et surtout, toi, le lecteur type fan du BVB, d’aller aussi voir nos amis de Köln qui sont géniaux. Malgré ce parcours semé d’embûches, je pense l’avoir plus que prouvé mon Echte Liebe 😊.

Diego Perez

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